TIVOLI


TIVOLI , vue de la route d'Agonges

Nommée ainsi  , sans certitude toutefois , en l'honneur de la campagne napoléonienne  d'Italie , Tivoli hébergeait autrefois une école tenue par des religieuses. Nicolas SOULIER , curé de Franchesse , nous transmet , grâce à ses précieuses notes sur le registre monographique , l'histoire de cette institution.
Ainsi note-t-il :
"  Le 16 juillet 1889 , un bail de douze ans est consenti avec Mr Henri MURET (*) , propriétaire à Tivoli , maison et dépendances , afin d'y établir une école religieuse des filles , grâce à la générosité de Mr le baron et la baronne d'AUBIGNY, de Mr Charles JOURDIER (**), propriétaire à la Charnée , commune du Veurdre. De nouvelles constructions s’élèvent rapidement et tout est prêt pour la rentrée de 1889 .
Les classes ont été bénites le 28 octobre 1889 , en présence des prêtres voisins , des parents et des élèves déjà bien nombreuses."

A en croire le curé SOULIER , l'école devait être attendue avec impatience par une partie de la population , car mentionne-t-il : " Les mères de famille avaient gardé à la maison les petites filles plutôt que de les envoyer à l'école sans Dieu . Cette école , dédiée au Sacré Cœur est confiée aux soins intelligents et maternels des bonnes religieuses de Notre Dame de Clermont ( Puy de Dôme).
Dès la première année , toutes les places sont occupées ."

Tout va pour le mieux et le 23 novembre 1898 , le curé SOULIER note :
 " le 23 novembre 1898 , achat à la famille MURET de la maison des religieuses , des bâtiments servant pour les classes et jardins de Tivoli . Acte de vente passé chez Maître MOIN , notaire à Bourbon , le 14 janvier 1889 ."

L'école des religieuses de Tivoli va perdurer pour aborder ce XXe siècle , porteur d'espérance et de sérénité . Mais bientôt , des prises de position anticléricales très virulentes , portées par le nouveau gouvernement auront bien vite raison de la petite école des religieuses . Emile COMBES , ministre de l'Intérieur et du Culte et Président du Conseil , va mettre en place des lois dures et anti-religieuses  de 1902 à 1904 avec , notamment , l'interdiction d'enseigner pour les  écoles religieuses et le durcissement des statuts associatifs.
Ainsi , le 15 juillet 1902 , les religieuses de l'école de Tivoli sont expulsées. Nicolas SOULIER écrit sur le registre :
" 15 juillet 1902.
Expulsion des religieuses.
L'école de nos religieuses qui était très prospère et faisait grand bien depuis 13 ans qu'elle existait a été fermée par ordre du sectaire et renégat Combes , chef du cabinet Loubet et ministre de l'Intérieur.En apprenant cette triste nouvelle , les petites filles se sont jetées au cou des bonnes sœurs en poussant des cris désespérés et refusant de quitter l'école.Les maisons bien pensantes de la paroisse ont été admirables de sympathie et de dévouement pour nos saintes religieuses expulsées de leur maison brutalement (***) . Elles ont trouvé le plus cordial asile dans les familles aisées de la paroisse "

Malgré une tentative de réouverture quelques mois plus tard , que l'abbé SOULIER consigne sur le registre :
" 17 octobre 1902.
Réouverture de l'école grâce au Sacré Coeur de Jésus. L'ancienne supérieure sécularisée et deux bonnes novices font les cours aux enfants ".
Le Sacré Cœur de Jésus confirma doc deus operatus es in nobis !! " ( traduire par : Dieu agit pour son peuple en agissant dans son peuple ? ).

(*) Henri Muret était l'oncle de Victor Muret , cf mon article : " le capitaine Muret "
( ** ) Charles Jourdier , notable , était propriétaire du château de la Charnée que son aïeul Joseph Jourdier , procureur du roi , fit bâtir en 1785.
(***)  La Supérieure était propriétaire de l'école depuis 1898.

L'école des filles de Tivoli va cesser son activité , premières prémices de la séparation de l'Eglise et de L'Etat.
La loi 1905 sera appliquée partout en France . Je ne sais pas ailleurs mais à Franchesse , l'application de la loi ne se fera pas sans heurts et sans opposition . Mais ça , c'est une autre histoire ...

Alexandre





Posts les plus consultés de ce blog